Programme 1

L’AMOUR 1900

D’après Henry Becque, Tristan Bernard, Georges Feydeau, Sacha Guitry, Eugène Labiche, Georges de Porto-Riche, Jules Renard, Anton Tchékhov.

De la rencontre à la rupture, neuf séquences qui décrivent un moment de la vie amoureuse sur le mode d’une comédie légère, élégante, parfois loufoque, grinçante ou cruelle. Des instants de crise où les vérités cachées se disent avec esprit, finesse, lucidité, férocité ou cynisme.

 

Une femme divorcée et blessée qui profite de l’anonymat du téléphone pour se confier à un inconnu, un homme et une femme mariés - mais pas ensemble - qui se laissent prendre au jeu de la séduction, une veuve pas aussi inconsolable qu’elle le prétend, un homme désabusé qui, après vingt ans de mariage, entreprend de s’attaquer à l’habitude sous toutes ses formes, un couple désargenté qui décide, après une liaison passionnée, de rompre amicalement pour faire chacun de son côté un mariage de raison : autant de situations où les vérités cachées se révèlent au grand jour…

 

Au-delà de la peinture d’une société révolue et d’un voyage dans le temps de la Belle Epoque, une analyse subtile des sentiments qui donne à ces “folies bourgeoises“ des résonances très modernes.

 


Mise en espace : Vincent Auvet  / Adaptation : Eliane Kherris (Le texte est publié aux éditions de L’Harmattan)

Avec : Vincent Desmons, Eliane Kherris  

Durée : 1 heure.

 

Extrait :

« - J'ai mis dans ce petit paquet les dernières racines : quelques photographies, votre acte de naissance que j'avais eu la curiosité de voir... Comme vous êtes encore jeune !...

- On ne vieillit pas avec vous.

- ... et un livre prêté. Voilà.

- A la bonne heure ! C'est un plaisir de rompre avec vous !

- Avec vous aussi.

- C'est bien ce que nous faisons là, très bien. C'est tellement rare de se quitter ainsi. Nous nous sommes aimés autant qu'il est possible, comme on ne s'aime pas deux fois dans la vie, et nous nous séparons parce qu'il le faut, sans mauvais procédés, sans la moindre amertume.

- Nous rompons de notre mieux

- Nous donnons l'exemple de la rupture idéale. Ah ! soyez certaine que si jamais quelqu'un dit du mal de vous, ce ne sera pas moi.

- Pour ma part, je ne vous calomnierai que si c'est nécessaire… »

 


Programme 2

CONVERSATIONS D’APRÈS SOUPER

D’après Honoré de Balzac, Jules Barbey d’Aurevilly, Guy de Maupassant, Villiers de l’Isle-Adam.

Tard dans la nuit, seuls, un homme et une femme parlent d’amour, d’ambition, de création, de pouvoir, de trahison…

Quatre dialogues à partir des nouvelles de quatre auteurs du 19ème siècle :

 

-“Une vocation“, d’après “ Etude de femmes“ de Balzac.

 

-“Le plus bel amour de Don Juan“, d’après Barbey d’Aurevilly .

 

-“L’heure du crime“, d’après “Une ruse“ de Maupassant.

 

-“ Une nature d’artiste “, d’après “Sentimentalisme“ de Villiers de l’Isle-Adam.

 


Mise en espace : Vincent Auvet  / Adaptation : Eliane Kherris 

Avec : Vincent Desmons, Eliane Kherris  

Durée : 1 heure.

 

 “ Une vocation“ : Ils se connaissent depuis de longues années et sont restés amis. Il est devenu un homme de pouvoir. Elle veut savoir comment il a reconnu en lui cette vocation.

 

“ Le plus bel amour de Don Juan“ : Il était connu pour être un grand séducteur. Avec le temps qui a passé, quel est, selon lui, le plus bel amour qu’il ait suscité ?

 

“L’heure du crime“ : Un médecin vient voir sa patiente pour une légère indisposition. Après l’auscultation, ils discutent amicalement et viennent à parler de l’infidélité amoureuse, que la femme ne comprend pas. Le médecin, qui a de l’expérience, va lui raconter une histoire arrivée à l’une de ses anciennes patientes…

 

“ Une nature d’artiste“ : Ils sont amants, il est artiste. Elle est lasse de son apparente indifférence, et de ce qu’elle prend pour une absence totale d’émotion. Il va lui prouver le contraire.

 

« - Quant à mon esprit et à mon cœur, ils se sont formés là pour toujours. C’est là que j’ai acquis cet empire sur les mouvements irréfléchis qui nous font faire tant de sottises, et ce beau sang-froid que vous me connaissez. Voilà. Vous vouliez savoir quand et comment je me suis senti homme politique, c’est fait. Eh bien, à quoi rêvez-vous ?

 

- Je songeais combien j’ai eu raison de n’avoir jamais été que votre amie… »

(“ Une vocation“)

 


Programme 3

VALMONT / MERTEUIL

D’après « Les Liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos.

Les deux principaux protagonistes des Liaisons dangereuses, face à face.

Les salons de l’aristocratie vus comme un théâtre d’ombres dans lequel Valmont et Merteuil, en vrais démiurges, manipulent les autres, tels des marionnettistes.

De la complicité amoureuse à la déclaration de guerre, le parcours apparemment libertin mais surtout passionnel de deux amants à l’orgueil irréductible, qui préfèrent se détruire l’un l’autre plutôt que de céder au sentiment amoureux.

 

Une adaptation fidèle au texte de Laclos, et qui en garde la forme originelle d’échanges épistolaires.


Mise en espace : Vincent Auvet / Adaptation : Eliane Kherris 

Avec : Vincent Desmons, Eliane Kherris  

Durée : 1 heure.

 

Extrait :

« N'avez-vous pas remarqué que le plaisir, qui est bien en effet l'unique mobile de la réunion des deux sexes, ne suffit pourtant pas pour former une liaison entre eux ? Et que, s'il est précédé du désir qui rapproche, il n'en est pas moins suivi du dégoût, qui repousse ?

C'est une loi de la nature, que l'amour seul peut changer.

Et de l'amour, en a-t-on quand on veut ? Il en faut pourtant toujours. Et cela serait vraiment fort embarrassant, si on ne s'était pas aperçu qu'heureusement, il suffisait qu'il en existât d'un côté.

La difficulté est devenue par là de moitié moindre, et même sans qu'il y ait eu beaucoup à perdre. En effet, l'un jouit du bonheur d'aimer, l'autre de celui de plaire, - un peu moins vif à la vérité, mais auquel se joint le plaisir de tromper, ce qui fait équilibre.

Et tout s'arrange.

Mais qui de nous deux se chargera de tromper l'autre ? »

 


Programme 4

LA VENGEANCE D'UNE FEMME

D’après “Jacques le fataliste“ de Diderot

Mme de la Pommeraye, veuve, et M. des Arcis, célibataire et séducteur, vivent une liaison passionnée. Mais au fil des années, Mme de la Pommeraye, toujours très amoureuse, sent que son amant se détache d’elle.

 

Elle décide de jouer le tout pour le tout pour savoir la vérité : elle lui avoue qu’elle ne l’aime plus, et qu’il est de son devoir de lui dire.

 

Soulagé, M. des Arcis lui répond qu’il en est de même pour lui. Il se félicite de leur détachement mutuel, et lui propose avec légèreté de reprendre leur liberté, tout en restant amis.

 

Mme de la Pommeraye accepte en apparence, mais profondément blessée, elle décide de se venger…


Mise en espace : Vincent Auvet / Adaptation : Eliane Kherris 

Avec : Vincent Desmons, Eliane Kherris  

Durée : 1 heure.

 

Extrait :

« - Vous êtes une femme charmante, une femme adorable, une femme comme il n’y en a pas. Votre franchise, votre honnêteté me confondent. Elles devraient me faire mourir de honte. Quelle supériorité ce moment vous donne sur moi ! Comme je vous vois grande, et comme je me trouve petit ! Votre sincérité m’entraine, je serais un monstre si elle ne m’entraînait pas. C’est vous qui avez parlé la première, et c’est moi qui ai été coupable le premier. L’histoire de votre cœur est mot à mot l’histoire du mien. Tout ce que vous vous êtes dit, je me le suis dit. Mais je me taisais, je souffrais. Je ne sais pas quand j’aurais eu le courage de parler.

 

-Vrai, mon ami ?

 

- Rien de plus vrai. Quelle chance nous avons !

 

- Quelle chance ?

 

- D’avoir perdu tous les deux en même temps le sentiment fragile et trompeur qui nous unissait.

 

- En effet… Quel malheur ce serait si mon amour avait duré, alors que le vôtre avait cessé ! »

 


Programme 5

UNE PASSION

D’après « Lettres portugaises » de Guilleragues (ou « Lettres de la religieuse portugaise »).

Une femme seule, dans une chambre. Elle parle et écrit, frénétiquement, obsessionnellement.

Cinq fois, elle écrit à celui qu’elle a aimé et qui l’a quittée, qui est reparti ailleurs. Elle s’adresse à lui mais plus encore à elle-même, et au monde.

Elle écrit de tout son corps, pour continuer à ressentir, à exister, pour ne pas devenir complètement folle.

Elle oppose deux géographies différentes : la sienne - intérieure, territoire de passion, de foi et de mémoire -, et celle de l’autre - nomade, faite de faiblesse, d’oubli et de médiocrité.

Recluse, elle revit cette histoire, la ressasse pour la comprendre, pour supporter la douleur de la séparation et la dépasser, pour voir la vérité en face. Regarder l’autre tel qu’il est, dans sa triste réalité, s’en désillusionner. Se libérer de la sujétion, ne plus subir, et devenir enfin sujet.


Mise en espace : Vincent Auvet  / Adaptation : Eliane Kherris 

Avec :  Eliane Kherris  

Durée : 1 heure.

 

Extrait :

« Je vous conjure de me dire pourquoi vous vous êtes attaché à m'enchanter, comme vous avez fait ? Pourquoi avez-vous été si acharné à me rendre malheureuse ? Que ne me laissiez-vous en repos dans ma solitude ? Vous avais-je fait quelque injure ?

 

Mais je vous demande pardon, je ne vous impute rien. J'accuse seulement la rigueur de mon destin. Il me semble qu'en nous séparant, il nous a fait tout le mal que nous pouvions craindre. Il ne saurait séparer nos cœurs. L'amour, qui est plus puissant que lui, les a unis pour toute notre vie. Si vous prenez quelque intérêt à la mienne, répondez-moi.

 

Adieu. Je ne puis quitter ce papier. Il tombera entre vos mains… Je voudrais bien avoir le même bonheur... Insensée que je suis, je m'aperçois bien que cela n'est pas possible.

 

Adieu, je n'en puis plus. Adieu, aimez-moi toujours. Et faites-moi souffrir encore plus de maux. »

 



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